mercredi 1 mai 2019

La belle Lilia ( suite du Serpent Vert ) ...



" Et c'est naissance encore de prodiges, fraîcheur et source de fraîcheur au front de l'homme mémorable.
Et c'est goût des choses antérieures, comme aux grands Titres préalables l'évocation des sources et des gloses
Comme aux grands Livres des mécènes les grandes pages liminaires - la dédicace au Prince et l'Avant-dire et le Propos du Préfacier "
Vents, Saint-John Perse









vendredi 26 avril 2019

Il est des souffles de femmes ...

Il est des souffles de femmes au sextant du monde
Lente mer des sources aux éveils d’aubes claires


Entendez-vous, du fond d’entrailles  se livrer le chant ?
Longue ode sinueuse au sel d’armes rouillées
Le chœur sera d’amour et de vers pacifiés
Mères aux ventres pleins à l’innocence offerte
Vibrantes d’espoir peigné et de lave défaite
Déclinées en longue file au détriment des chemins
Déconcertant le loup et louant l’aigle fou
Il est aux frontières de raison des oraisons de femmes
Disciples rebelles d’un passé révolu
Poètes nues aux urnes falsifiées
Renversant d’un coup de hanche les bulletins d’oppression
Lançant au ciel une pluie de plis ouverts
La voix monte douce aux lèvres des petites filles
Elles savent la victoire au détour des mères
Femmes d’ici et d’ailleurs
Femmes – demeures  et de  nulle part
Femmes dévoilées au flot des chevaux sauvages
La mer ouvre en son sein des promesses d’envol
Et c’est grâce en ce monde que d’y être conviées
Ô femmes languissantes aux archers des colonnades
Glissez ondulantes aux vierges lapidaires
Nos textes seront déroulés aux portes des villes
Et nos cheveux dénoués aux serrures de volets clos
Le vol sera de grâce et les noces de sacre
Il est des unions qui se déclinent aux pieds des réverbères
Un geste d’herbes folles en guise d’offrande
Ce soir nous chausserons l’ombre de vos pas
Distillant au vent qui passe l’exil d’un trépas
Ravissant, d’un pas de loup les stigmates d’une danse
Et nous irons, droit devant aux sillons d’outremer
En ces contrées anonymes aux cartes souillées
Voiles de vaisseaux ouverts aux artères de femmes
Il est des odes de libération qui hululent en silence
Et la vieille  se meurt aux rives – embarcadères
Déclinaison funeste d’un passé avorté
Une plume glisse aux cloîtres -  océans
Fragment d’aile brisée à l’engelure des cornées
Hallali ultime d’un cygne sacrifié
Il  est aux écumes brimées des hordes de faux - semblants
Qui engendrent au revers, des miroirs sans tain
L’océan se noie aux menstrues des femmes
Mer rouge déclinée au sang des mirages défaits
Pulsations outrées aux voûtes de marées distraites


dimanche 21 avril 2019

A 3 reprises, il y eût un tremblement ...

" Toujours il y eut cette clameur
 Toujours il y eut cette splendeur"


"Et comme un haut fait d'armes en marche par le monde, comme un dénombrement de peuples en exode, comme une fondation d'empires par tumultes prétoriens, ah! comme un gonflement de lèvres sur la naissance des grands livres"

" Cette grande chose sourde par le monde et qui s'accroît soudain comme une ébriété ... "


" ... Plus haute chaque nuit cette clameur muette sur mon seuil, plus haute, chaque nuit, cette levée de siècles sous l'écaille ... "
Saint-John Perse 


Il y eût 3 tremblements ...



 " Et tu vivras de façon vraie
Dans l'essence monde de l'homme "

" Et tu ressentiras de façon vraie
Dans l'oeuvre créatrice de l'âme de l'homme "

" Et tu penseras de façon vraie
Dans les fondements de l'esprit de l'homme "


Extrait de " Le mystère de la résurrection "
Sergej O. Prokofieffe

Commencera alors un silencieux périple de 40 jours 
...


vendredi 5 avril 2019

Hors des légendes ...

 " Hors des légendes du sommeil toute cette immensité de l'être et ce foisonnement de l'être, toute cette passion d'être et tout ce pouvoir d'être ...


 Ah! Tout ce très grand souffle voyageur qu'à ses talons soulève, avec l'envol de ses longs plis - très grand profil en marche au carré de nos portes - le passage à grands pas de la Vierge nocturne ! "
Saint-John Perse



dimanche 31 mars 2019

Avec le temps ...




" Qu ' est le temps ?
Une fissure dans l' idéal ?
Une déception muette ?
Une invention d' homme ?
Je lui préfère un temps personnalisé ....
Il est, aux clepsydres des écumes à venir ....
Il est aux cadrans solaires des ombres à révéler ....
Mon temps n'est pas celui du quotidien ....
Il se défend des pièges institutionnalisés ....
C'est un temps d'éternité et de secondes ....
Celui qui le reconnaîtra partagera ma couche ...
Nous égrainerons alors les instants habités ....
Qu'est le temps sinon une illusion humaine ? "

Kaïkan


samedi 30 mars 2019

Tu es parti ...


" Ignorants de leur ombre, et ne sachant de mort que ce qui s'en consume d'immortel au bruit lointain des grandes eaux, ils passent, nous laissant, et nous ne sommes plus les mêmes. Ils sont l'espace traversé d'une seule pensée " 
Saint-John Perse, Oiseaux ...


Tu es parti debout
Le temps frôlant tes membres amaigris
Tu es parti debout
Fidèle à toi-même et riche de tes souvenirs
Et moi, Ta Fille
J'arrondissais mon écoute pour que tu n'aies pas peur
Je souriais à tes notes d'humour
Soupirs silencieux parfois à tes innombrables conquêtes
Tu es parti charmeur
Complimentant chaque femme qui entrait dans ta chambre
L'oeil espiègle et le souffle un peu plus court qu'à l'accoutumée
Tu es parti et j'ai l'âme triste
L'oiseau messager est venu se poser près de la fenêtre
Seul ou accompagné
Nous avons à chaque fois croisé nos regards
Tu es parti comme tu le désirais
Ce que tu ignorais, c'est que le Bal du Rat Mort serait au rendez-vous
Ostende Ma Belle disais-tu ...
Comme à Ostende et comme partout dirait Ferré
Tu es parti ta casquette de jockey en main et la dignité en bandoulière
Une paire de pantoufles près de tes pieds nus
Snoppy en peignoir sur tes chemises bleues
Et j'ai aimé ce choix 
Tu retrouvais une mimique que je ne te connaissais pas aux dernières gorgées de coca
Santé Papa
Ultimes moments de complicité
Et puis vint la dernière nuit
Je suis restée près de toi
T'ai regardé dormir
La mort déjà était au rendez-vous
Tu m'as pris la main 
Je t'ai rassuré
Ai mis ma peine en sourdine pour t'accompagner
Et puis 
...
Le dernier matin
...
Les dernières heures
...
La dernière heure
...
La dernière demi-heure
...
Les derniers instants ...
...
Tu as posé ta main sur la mienne et nous avons accueilli l'endormissement
...
Et la mort est venue
...
Fidèle au rendez-vous 
...
Implacable 
...
J'apprivoise peu à peu l'irrémédiable absence
...
J' entre au profond du mot convalescence 
...
Ces instants comme une profonde initiation 
...
" Ignorants de leur ombre, et ne sachant de mort que ce qui s'en consume d'immortel au bruit lointain des grandes eaux, ils passent, nous laissant, et nous ne sommes plus les mêmes. Ils sont l'espace traversé d'une seule pensée " 
...
Et je t'accompagne en d'autres lieux
...
J'apprends le langage du silence
...
J'apprends ton absence 
...
J'apprends l'invisible de ta présence
...



dimanche 24 mars 2019

Tout est connu dans le sacré du silence ...

" Caché de tous
Je vais te parler sans mots...."

" J'ai fermé ma bouche et je t'ai parlé
Dans une centaine de façons silencieuses."

" Tout est connu dans le sacré du silence."

Rumi 



Art - Bettina Müller


Dans le silence et au-delà des mots, nous continuons de dialoguer ...
Particulière fut cette semaine sainte cosmique ...
Joyeuse Pâque à toi, Papa