mardi 28 janvier 2025

Une semaine de Ramdam Festival, Le Festival du film qui dérange ... à Tournai ...

 

L’ opposition intérieure de vibration lorsque j’ évoque des projets artistiques et autres et la mort intérieure lors de conversations de banalités quotidiennes se fait ressentir jusqu’aux tréfonds de mon corps et mon cœur.


D’une part, et je connais cela pour le vivre, le sentiment d’être légère, d’avoir une danse de vie intérieure et d’autre part, le sentiment d’être clouée au sol, d’avoir les ailes coupées ou plutôt engluées de goudron.

«  Engluées de goudron », expression karmique s’il en est …

 Icare des temps modernes qui se brûle les ailes à ses idéaux …

Idéaux de création, idéaux d’amour, idéaux de relation amoureuse, idéaux spirituels …

 Les plumes et le goudron …

Antithèse s’il en est de ces matières, l’une noire, l’autre blanche ( car je vois ces plumes comme un duvet blanc), l’une lourde et poisseuse, l’autre pure et légère, à peine incarnée …

Comment concilier ces polarités ?

Car il s’agit bien de polarités dans ce cas-ci …

Le désir d’envol, de légèreté et de spiritualité dans l’artistique et d’autre part, le poids des données matérielles à assumer …
Qu’il est donc pénible de s’incarner sur terre !

Comment trouver un juste milieu mais ai-je envie d’un milieu ?

Je ne le pense pas en fait …

J’aime me sentir vibrer, me sentir en Vie, surfer dans et sur les vagues de la création.

 

Comment harmoniser goudron et plumes dans une œuvre ?
Pureté de l’avant naissance et la réalité de notre monde ?

Pureté des glaciers et leur disparition dans une rencontre de Noir et Blanc ?

 Blessures à fleur de peau …

 Noir – Blanc – Rouge …

Œuvre alchimique s’il en est qui commence par l’œuvre au Noir ( après un long temps de macération ) …Venons-nous tous du Minuit des Mondes ?Je le pense …

De quel droit porter alors un jugement sur la destinée et trajectoire de l’un ou l’autre ?

 

Cette semaine Ramdam me fait entrer, chaussée de bottes prenant l’eau, de souliers rouges au cœur de la forêt …

Au cœur même de cette forêt guettent les loups : cruauté du désespoir, cruauté de ce à quoi mène le désespoir …

Mise en abîme des espoirs …

Le désespoir dans le désespoir …

Le désespoir des espoirs …

« To a land unknow » … « Toxic » …

 

Jusqu’où irai-je pour nourrir mes espoirs ? Combien de sacrifices serai-je prête à faire ?

Combien de possibles avorterai – je ?

Il y a aussi « Berlin, été 42 » … Le courage tout simple, réel de cette jeune femme qui, entraînée par la destinée de ses rencontres et l’enfant qu’elle porte et mis au monde pendant son incarcération , garde la tête haute et imprime à chacun de ses gestes la noblesse de l’humain …

Et puis, il y a ma colère intérieure face à la mauvaise foi de Line Riefenstahl, mon questionnement sur la part active et engagée de l’artiste …

Cette colère m’habite encore …

Comment oser nier et renier les conséquences de nos actes … aussi répréhensibles soient ils …Qu’aurai-je fait en temps de guerre ? Idéalement, je peux y répondre : la résistance gronde en moi … Mais dans le concret du moment, d’une situation, de tortures ?

Si mes enfants et petits-enfants étaient menacés ?

Je ne peux y répondre …

 «  Là où personne n’est responsable, tout le monde est responsable »

« Dwelling among the gods »,  “Save our souls”, “ The song of others”, “Voyage a Gaza” …

Frontières – Passages de frontières – Fuites de dictatures … Vers quelles destinations ?

A quel prix ? Risque de mort – Espoirs d’un mieux – Risque de mort lors des traversées …

Passages du seuil … De là à là … De là à un autre là … De là encore à un autre là, ponctué de menaces de morts, de tortures, de peurs, d’humanité aussi … Surréalisme des demandes administratives pour ces passages de frontières … Dérives … Exploitations humaines … Règlement – Humanité … Qui est qui ? Aléatoire des décisions … De là à un autre là encore …

Passages du seuil ponctués d’intervalles d’humanité aussi … Juste le temps d’une respiration, d’un regard, d’un café, d’une parole échangée …

 

Guerre – Passage du seuil – Vie – Mort – Souffrance – Espoirs d’un mieux …

 L’œuvre au Noir – L’œuvre au Blanc – L’œuvre au Rouge …

Macérations dans  la nuit – Pause – Séparation -  Évaporation – Calcination -,Cendres – Cendres blanchies – Lavation des cendres – Temps de pause dans la nuit – Séparation – Evaporation – Sels minéraux – Substance purifiée – Retrouvailles – Elixir …

Laisser mûrir…

Laisser la décomposition se faire demande de faire un deuil et accepter ce qui est, ce qui se défait et se trame dans l’obscurité, dans ce No man’s Land …

Garder confiance et patience dans le chaos …

 Chaque chaos est-il porteur d’à venir ?

Mues successives …

Moments de vulnérabilité au cœur du processus …

Rester debout en soi même au cœur de ce chaos transformateur …

Oser faire confiance et à l’abri de la lumière laisser l’œuvre s’ opérer …

 Séparation …

Séparation de la matière solide et du liquide – Bain de macération …

Quoi se retrouve où ?

Quelle part divine ici et là ?

Evaporation douce – Calcination …

L’Oeuvre au Noir …

Sacrifice ultime …

Réduction en cendres …

Patience – Courage …

 Être réduit aux cendres de soi-même …

Le Phoenix renaîtra-t-il de ses cendres ?

 Lavation des cendres …

Eau de pluie – Eau d’orage – Eau de neige – Eau douce – Eau sacrée …

Dormir …

Pause …

Laisser avec paix se faire ce qui doit se faire …

Ne pas résister …

Avoir confiance dans le processus …

Nuit noire de purification …

L’œuvre au Blanc  …

 C’est au cœur – même des nuits que se décante ce qui doit m’être …

Destinées … Moments de destinées …

 Réveil …

Séparation entre les cendres lavées et l’eau d’ici …

Evaporation douce …

 Sels minéraux …

Formes inattendues …
Verre qui se fend …

 Accueillir ce qui est …

Lente révélation de ce qui se manifeste …

 L’œuvre au Rouge …

Réunir ce qui a été séparé …

Des sels minéraux à l’alcool macéré de base …

Naissance de l’Elixir …

 La traversée a été hasardeuse, déstabilisante, chaotique et purificatrice à la fois …

Renaître de ses cendres …

Naître à son propre chaos …

Passage du seuil …

Re – Naissances …

 Premiers pas de l’enfant …

«  Là où personne n’est responsable, tout le monde est responsable »

«  Memorias de un cuerpo que arde »

Derrière les renaissances à soi-même se murmurent parfois les plus grandes douleurs …

Derrière le corps assumé se distillent les coups et abus métamorphosés …

Tant peu soit-il possible …

Pudeur des non – dits ou/et non reconnus par les autres …

Jusqu’où suis-je prête à aller pour le conformer au regard des autres ?

«  Toxic » à nouveau, « The substance », film magistral et dérangeant, œuvre d’art cinématographique au sein de laquelle se côtoient les peintures de Bacon et du pop art …

Quelle est la place de la femme dans nos sociétés ?

Ici et là …

Qu’est-ce que vieillir ?

Comment accepter les traces du temps …

A quel point le regard des autres nous concerne-t-il, nous influence-t-il ?

« The substance » à nouveau …
Y-a-t-il une limite au trop ?
Où serait ce trop dans la scène du bain de sang de la fête du Nouvel An ?
Ce « Trop », écho du « Trop » dans la quête et le sacrifice à soi-même, des diverses parts de soi …

Œuvre au Rouge …

Guerre et Paix portent en elles ce rouge sang …

 Œuvre au Noir – Œuvre au Blanc – Œuvre au Rouge …

Ne sommes nous finalement pas tous et toutes acteurs de nos propres dérives et métamorphoses ?

 Oui …

 Mais …

 « Là où personne n’est responsable, tout le monde est responsable »

Du « Je » à une communauté de « Je » …
«  L’acier a coulé dans nos veines » …

 La matière métamorphosée coule encore dans nos veines …

 

 

Merci au https://www.ramdamfestival.be/ pour ces plongées – miroirs …


 

 

 

 

 


 



1 commentaire:

  1. merci mille fois pour ce beau et long texte...
    oui,« Là où personne n’est responsable, tout le monde est responsable »
    je t'embrasse tendre ma douce

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